Kévin Estre : « Une revanche à prendre en 2018/2019… »

Sprinteur reconnu par ses pairs, Kévin Estre est tout aussi habile sur les courses longues comme il a pu le montrer à Daytona, Spa, Le Mans et au Nürburgring. L’année 2017 du pilote officiel Porsche s’est soldée par une saison en FIA WEC sur une des deux Porsche 911 RSR qu’il partageait avec Michael Christensen, sans oublier quelques classiques telles que Daytona, Spa et le Nürburgring. L’année qui débute passera par une nouvelle campagne mondiale avec en prime un retour en ADAC GT Masters sur une Porsche 911 GT3-R/Team 75 Bernhard en compagnie de Timo Bernhard, mais aussi les 24 Heures du Nürburgring.

2017 est une année à oublier ?

« On ne peut pas dire qu’elle a apporté tout ce que je souhaitais. La performance était là, surtout pour une première année avec la nouvelle 911 RSR. Le podium était envisageable sur 90% des courses. Nous étions en tête lors des trois dernières manches FIA WEC mais un grain de sable est venu enrayer la course vers la victoire à chaque fois. Pourtant, la Porsche s’est montrée fiable en dépit d’un incendie à Silverstone, d’une casse moteur à Shanghai et d’un abandon au Mans. La malchance est souvent tombée sur la #92. Finalement, mes seules victoires ont été en VLN. Sans une pénalité de trois minutes aux 24 Heures de Spa, le podium était à notre portée. »

Vous avez trouvé vos marques en FIA WEC ?

« Il a fallu s’habituer à la nouvelle règle des pneumatiques et à bien gérer les neutralisations. Ces deux choses ne correspondent pas vraiment à mon style de pilotage qui reste assez agressif. Là, il faut bien réfléchir. L’entente avec Michael est parfaite, tout comme avec notre ingénieur principal. Je voulais poursuivre en FIA WEC car je prends beaucoup de plaisir à y rouler et nous avons une revanche à prendre. Cette saison 2017 nous a permis d’apprendre pas mal de choses pour le futur. »

La nouvelle règle du nombre de trains de pneumatiques va dans le bon sens ?

« Ferrari avait clairement le meilleur package en termes de pneumatiques, donc je pense qu’ils sont en faveur de cette règle. Pour ma part, je préfère pouvoir attaquer du début à la fin du relais. D’une façon générale, les pilotes préfèrent les simples relais avec les pneus. Au bout du compte, je pense que peu de gens sont convaincus par cette règle. »

La Super Saison doit permettre à Porsche de reprendre le titre…

« Il faudra franchir une nouvelle étape en 2018/2019. Je suis déçu de ne pas avoir pu gagner une course en 2017 alors que le potentiel était là. Il faut qu’on remporte des courses. Le signe positif est que nous avons une auto capable de se battre pour le titre. On l’a déjà vu en 2017 avec la voiture soeur. Il faudra prendre les courses une par une et je ne pense pas que la pression sera supérieure à l’année passée. »

L’équilibre entre les GTE était correct ?

« Les polémiques ont été bien moins présentes que par le passé. Bien entendu, il est toujours possible de ne pas tout montrer sur deux courses pour espérer avoir une meilleure Balance de Performance. Le souci est que les points perdus ne se rattrapent pas. Cette année, il y a une seule course avant les 24 Heures du Mans, ce qui change la donne. L’utilisation des pneumatiques et les régalages font bien plus que la BOP pour gagner une course. »

Vous avez la réputation d’être un très bon sprinteur. Vous auriez vu d’un bon oeil la présence d’une course qualificative ?

« Une course qualificative permettrait de donner plus de spectacle que ce que l’on peut voir en course. La question est de savoir comment la mettre sur pied. Ce serait différent d’un meeting Blancpain Sprint avec deux courses d’une heure par meeting. Il faudrait garder une bonne auto pour la course de 6 heures du lendemain et savoir comment gérer les pneumatiques. »

Rouler à nouveau en ADAC GT Masters vous ravit ?

« Le championnat est très relevé. Malheureusement, je n’ai pas pu le disputer en intégralité il y a deux ans mais j’y avais pris beaucoup de plaisir. L’ADAC GT Masters est à l’image de la Blancpain Sprint Cup où la qualification est primordiale. Je connais bien l’équipe et rouler avec Timo est forcément un plus. J’ai beaucoup à apprendre de lui comme lui a à apprendre du GT3. »