Jesus Pareja : « J’écoute ce que le paddock me dit… »

La saison 2018 de l’International GT Open tire sa révérence ce week-end à Barcelone. Après quelques année compliquées, le championnat de Jesus Pareja a retrouvé des couleurs avec un plateau GT3 qui n’a rien à envier à la concurrence. Maintenant que la série GT3 a été relancée, le nouveau challenge de GT Sport est la mise en place de la GT Open Cup Europe qui verra en découdre des GT dont les chronos se situeront entre GT3 et GT4. Avant d’aborder la finale de Barcelone, Jesus Pareja a fait le point sur 2018 en nous parlant d’un futur qui s’annonce plus que prometteur.

Êtes-vous satisfait de la saison 2018 ?

« On peut dire que la saison a été bonne après une belle année 2017. Nous avons eu cette année une moyenne de 27 à 28 GT3, ce qui pour nous est la moyenne idéale. On ne cherche pas à avoir 40 autos sur un championnat Sprint. On a la quantité, la qualité et la diversité. Nous visons le même nombre d’autos en 2019. Je suis confiant sur notre capacité de pouvoir démarrer la saison à 28 ou 30 GT3. »

Quels sont les premiers retours sur la GT Open Cup Europe ?

« C’est notre nouveau challenge. Dans la vie, il faut toujours des challenges. Nous sommes sortis du tunnel après quelques saisons compliquées. Les catégories GT ne cessent de se développer sachant que tout le monde ne peut pas rouler en GT3. Il faut donc trouver des solutions pour voir en piste un maximum de voitures et que chaque concurrent y trouve son compte. La catégorie GT3 a permis beaucoup de choses. Le destin a fait que des pilotes ont pu rebondir en GT alors qu’ils n’avaient plus rien en monoplace. Ces trois dernières années, nous avons constaté une baisse de la moyenne d’âge de nos pilotes. La GT Open Cup Europe doit aussi permettre d’avoir des jeunes. L’objectif est d’avoir des GT qui tournent environ 5s plus vite que les GT4 et 6s moins vite que les GT3. Nous avons déjà effectué des essais de BOP sur le Hungaroring puis à Monza. Les teams qui roulent ici ont quasiment tous dans leurs garages des Ferrari Challenge, des Lamborghini Huracan Super Trofeo ou des Porsche Cup. »

Vous visez combien d’autos dès 2019 ?

« J’espère que l’on pourra réunir 20 autos en 2019. Ici, tous mes rendez-vous sont pour la GT Open Cup Europe, à l’exception d’un seul. L’intérêt est là sachant que je ne fais pas cela pour entrer en concurrence avec mon ami Stéphane Ratel. Proposer six rendez-vous sur des circuits prestigieux est parfait pour nous. Toutes les courses seront diffusées gratuitement en live streaming. »

Pourquoi ne pas mixer les deux championnats en un seul ?

« Cela ferait trop de voitures mais pourquoi pas à l’avenir avoir une finale commune… »

En 2019, vous terminerez la saison International GT Open à Monza et non plus à Barcelone. Pourquoi ce changement ?

« Le circuit de Barcelone est loué du 1er octobre à fin novembre. Nous venons ici depuis 17 ans mais nous allons changer nos plans en 2019 pour terminer Monza un peu plus tôt que d’habitude (12/13 octobre). A cette époque, la météo est encore belle en Italie, le tracé est magnifique, ce qui nous laisse présager d’une très belle finale 2019. »

Quel est votre regard sur l’arrivée des nouvelles technologies en sport automobile ?

« Pour le moment, je n’y crois pas. Je pense que c’est encore trop tôt. Qui va payer pour faire rouler ces autos ? Le constructeur a les capacités de payer. Mais ensuite ? Ce n’est pas aussi simple que cela. Le constructeur veut faire du marketing. »

On vous sent proche de vos clients. C’est une des clés du succès ?

« J’écoute ce que le paddock me dit. Mon père m’a dit un jour : ‘si tu écoutes bien, il ne faut pas être intelligent, il faut juste prendre le meilleur’. Il est malheureusement décédé il y a 35 ans mais cette phrase est toujours d’actualité. Les équipes peuvent soumettre de bonnes idées même s’il faut analyser le tout car elles ont tendance à pousser. Il faut donc écouter afin de voir si c’est acceptable. Si vous n’écoutez pas, vous n’apprenez pas. Il faut aussi tenir compte de l’expérience. »

C’est aussi pour cela que vous êtes l’une des seules séries à conserver un handicap temps ?

« L’un des plus gros succès en sport reste le golf. Avec un handicap, il est possible de jouer contre Tiger Woods. Chaque joueur a son handicap. C’est là que j’ai pris l’idée. Comme je l’ai dit, il faut écouter et regarder. Cela fait plus de 15 ans qu’on a mis en place ce système qui fonctionne toujours parfaitement. »