Franck Perera (Lamborghini) : « Il faut croire au destin »

A 34 ans, Franck Perera a encore un bel avenir devant lui en GT. Le temps du pain noir est terminé pour le Montpelliérain qui vient de signer un contrat de pilote officiel Lamborghini Squadra Corse pour piloter une Huracan GT3 Evo sur des programmes qui restent à être confirmés. Le vainqueur des 24 Heures de Daytona 2018 (GTD) tient enfin sa revanche sur le passé, lui qui a connu des moments compliqués il y a quelques années à la fin de l’aventure Toyota. 2018 n’a pourtant pas été facile pour le pilote Grasser Racing Team qui n’a pas été épargné par la malchance en Blancpain GT Series.

Quel bilan tirez-vous de votre saison ?

« 2018 a été éprouvant mentalement avec des hauts et des bas sur le plan de la performance. J’ai dû m’acclimater à une nouvelle équipe, à de nouveaux équipiers avec des objectifs de résultats différents. Ce n’était pas évident, mais cela m’a permis d’apprendre encore plus. Chaque saison, on apprend quelque chose. Le dernier meeting de Barcelone a été très beau même si le résultat final n’a pas été bon. »

Daytona avait pourtant bien donné le ton…

« Gagner à Daytona pour ma première course au volant d’une Lamborghini a juste été énorme. Nous avions une auto pour gagner, un équipage au top et aucune erreur commise durant la course. Le reste de la saison a été plus compliqué. La performance était pourtant bien là en Sprint même si Loris (Hezemans) manquait d’expérience, mais il a bien tenu son rang. Il y avait un bon coup à jouer à Misano où nous avons été la plus vite des Lamborghini durant tout le meeting. J’ai eu la chance de beaucoup rouler cette année. Jusqu’à maintenant, j’ai souvent été engagé en Pro-Am, donc avec peu d’essais. L’an passé avec HTP, les essais étaient aussi assez rares. Il m’a fallu un peu de temps pour m’acclimater à la Lamborghini. C’était pour moi tout de même une bonne année où j’ai continué à apprendre. »

Que vous inspire cette nouvelle Lamborghini Huracan GT3 Evo ?

« J’ai roulé deux fois à son volant, dont la dernière dans la foulée de la finale Blancpain GT Series de Barcelone. Il y a eu beaucoup de travail effectué, mais c’est un peu la même chose à chaque fois qu’un constructeur propose une Evo. La Lamborghini avait besoin d’une mise à niveau et tout va dans la bonne direction. La fiabilité est là sachant que Lamborghini avait de bonnes références avec le modèle actuel. »

Devenir pilote officiel Lamborghini Squadra Corse vous ravit…

« C’est une belle satisfaction pour moi d’être pilote officiel en 2019. Tout le travail fourni cette année a payé. Depuis mon contrat Toyota il y a maintenant 10 ans, je n’avais plus été dans la peau d’un pilote officiel. C’était un objectif pour moi. J’ai touché une partie de mon rêve en pilotant en Formule 1 même si cela n’a pas pu se faire en course. Maintenant, je roule pour un constructeur qui me tient à cœur car j’ai grandi en Italie. Il faut croire au destin. »

Vous n’avez jamais lâché prise ?

« J’ai forcément connu une période compliquée, mais j’ai pris du recul sur beaucoup de choses. On a de la chance de faire du sport automobile et il ne faut surtout pas oublier qu’on ne va pas sauver des vies. Tant que je prends du plaisir et que je reste compétitif, alors je continuerai à piloter. J’ai aussi d’autres objectifs comme participer un jour aux 24 Heures du Mans. »

Quel est votre programme 2019 ?

« Je ne sais pas encore car les discussions sont toujours en cours. Le championnat phare en GT reste la Blancpain GT Series. Il ne faut pas non plus oublier l’International GT Open, l’ADAC GT Masters et l’Italian GT. Je souhaite rouler sur des championnats où je peux gagner. »

Disputer la Blancpain GT Series (Sprint + Endurance) est l’idéal ?

« Le Sprint a perdu un peu d’autos cette année, mais disputer les deux séries redonnent du boost au championnat. Là, on a dix meetings vraiment au top. En Endurance, il faut absolument avoir trois très bons pilotes pour sortir du lot. C’est aussi pour cela que les équipes doivent gérer au mieux les équipages. »