Entretien avec Stéphane Ratel : IGTC, Spa, PWC, GT2, Bahrain GT Festival

L’histoire d’amour entre Stéphane Ratel et le Japon dure depuis plusieurs décennies. L’homme fort du GT dans le monde a roulé à Suzuka du temps où il était pilote. Le président de SRO Motorsports Group classe ce tracé parmi ses préférés, alors dès que l’opportunité s’est présentée de revenir, la décision a été vite prise. Malgré un emploi du temps bien chargé, Stéphane Ratel nous a accordé un entretien sur les différents dossiers SRO.

Cette première édition des 10H de Suzuka dans le cadre de l’Intercontinental GT Challenge vous satisfait ?

« C’est pour nous une première et il faut laisser du temps au temps. On peut clairement dire que c’est une bonne première année. C’est juste un peu dommage que toutes les équipes invitées n’aient pas relevé le défi. La préparation de l’événement a été longue. Nos équipes sont venues ici à deux reprises et les japonais ont fait le déplacement en Europe trois fois. On doit encore améliorer certains points, notamment la diffusion de la course. »

La confiance est de mise sur le développement de l’Intercontinental GT Challenge ?

« Nous rajoutons Kyalami en 2019, autre circuit prestigieux. Là aussi, le challenge s’annonce de taille mais nous sommes prêts à le relever. Le championnat prend petit à petit de l’ampleur et je reste confiant sur le fait d’avoir plus de constructeurs en 2019. En avoir 7 est du domaine du possible. J’entends que de plus en plus d’équipes veulent disputer l’intégralité du championnat. A l’instar de la Blancpain GT Series Asia, les autos vont beaucoup voyager. »

Passons aux Total 24 Heures de Spa. Quel bilan tirez-vous ?

« Spa a été un grand succès. Cette édition anniversaire restera dans les annales avec encore plus de spectacle sur la piste et plus de public. La course a été très disputée, c’est le moins qu’on puisse dire. L’événement est excitant et les Total 24 Heures de Spa sont définitivement l’une des courses les plus excitantes de la planète. »

Le marché du GT continue son développement ?

« Il continue de grossir. La nouvelle McLaren 720S GT3 arrive en 2019. Audi, Porsche et Lamborghini vont avoir des évolutions. Si on regarde les GT extrêmes de route, elles sont toutes vendues avant même d’être produites. »

Le Group National va se poursuivre à Spa ? Pas de GT4 en vue ?

« Il n’est pas prévu de poursuivre le Group National par manque d’autos. Si on en avait 5 ou 6, pourquoi pas… Il n’est pas question d’avoir des GT4. Nous restons dans notre optique de ne faire rouler que des GT3. »

L’autre satisfaction reste la fiabilité des autos ?

« On a perdu des autos sur accident ou suite à des accidents. Quasiment aucune auto n’a abandonné sur un problème mécanique. C’est aussi la beauté de la BOP. Tout le monde pousse pourtant à la limite durant 24 heures. »

SRO renforce sa présence aux Etats-Unis avec le Pirelli World Challenge. Là aussi, la confiance est de mise ?

« Ce qu’on propose aux Etats-Unis, on ne le propose pas en Europe. Les formats sont différents. En revanche, comme en Europe, les circuits empruntés sont ceux voulus par les équipes. Des teams voulaient passer à 8 meetings mais il faut rester prudent. Je reste persuadé que le package est bon. Toutefois, il faut rester réaliste sur le nombre de GT3. Le GT4 est encore un produit récent. On a un plan pour les Etats-Unis qu’on a annoncé. »

L’IMSA se lance dans le sprint en GT. Vous voyez cela comme une concurrence ?

« Je suis honoré que l’IMSA débute avec le format sprint (rires). En GT, il y a deux choix : gagner sa catégorie ou gagner au général. Une grande majorité préfère rouler entre GT. Si nos courses fonctionnent aux Etats-Unis, on sera le meilleur contributeur de l’IMSA. »

Quelles ont été les réactions suite à l’annonce de la catégorie GT2 ?

« Le concept est sorti, on attend maintenant les autos. Je suis confiant pour 2019. Avoir 5 ou 6 constructeurs d’ici 2 ans avec des nouvelles autos mais aussi des existantes me semble réaliste. Là aussi, il faut laisser du temps au temps. La priorité est de faire un événement de lancement lors des Total 24 Heures de Spa 2019. Pour le reste, les voir en Blancpain GT Sports Club sur la deuxième partie de saison fait partie des options. Pour ce qui est de les voir en British GT, le souci est que notre grille GT3 s’annonce complète. »

Lamborghini pourrait faire confiance à une version modifiée de la Super Trofeo Evo…

« C’est aussi ce que j’ai lu. A titre personnel, je préfèrerais voir une Aventador SVJ (rires). »

Où en est-on du Bahrain GT Festival ?

« Je n’ai pas le moindre doute sur l’événement. Le gros challenge est de changer de pays chaque année. Dans les cinq ans de contrat, une des cinq éditions se déroulera en Europe. L’idée est bien de changer de pays, pas forcément de continent. L’idée de la Coupe des Nations plaît beaucoup. Les pilotes veulent rouler sous leurs couleurs nationales et pour elles. La liste des équipes intéressées est assez impressionnante. Les GT3 voyageront en avion et les GT4 par la mer. »