En visite chez Norma Automotive…

En reprenant les activités de Norma, Duqueine Mobility assure un avenir prometteur au constructeur basé à Saint-Pé-de-Bigorre. Si Yann Belhomme passe son temps entre Alès et les Pyrénées, Norbert Santos reste très actif au sein de la structure qu’il a contribué à développer. Les Norma CN restent très actives à travers le monde et la M30 LMP3 séduit de plus en plus.

Lancée en 1990, la SARL Norma Auto Concept a débuté avec trois salariés contre une vingtaine actuellement. Le petit bâtiment des débuts a vite laissé place à un atelier de 3500 m2. Norbert Santos et Yann Belhomme nous ont reçu pour une visite d’un lieu qui respire le sport automobile.

« Malgré le rachat par Duqueine Mobility, rien n’a changé » commence par nous expliquer Yann Belhomme. « On ne peut pas se passer de Norbert qui compte une expérience de 35 ans dans le milieu. Son avis est primordial, l’entente est parfaite avec un réel partage des avis. On travaille réellement main dans la main. »

« Il y a eu des paliers dans notre activité » poursuit Norbert Santos. « On a maintenant une étape supplémentaire à franchir et j’ai pensé que la meilleure solution était de me rapprocher de gens compétents pour développer les activités. Tout s’est passé très vite. »

Avant d’entamer les discussions de rachat, Duqueine Engineering a passé commande d’une Norma M30 LMP3 sans pour autant avoir une idée derrière la tête. « Nous avons vu l’auto sur la piste et nous avons de suite senti son potentiel » se souvient Belhomme. « On a décidé d’en acheter une mais à aucun moment nous avions en tête un rachat. Nous sommes allés chez Norma pour la performance de la voiture. C’est la M30 LMP3 qui a déclenché les discussions. »

Norbert Santos a été approché par plusieurs entreprises pour un éventuel rachat. Les discussions avec Duqueine Mobility ont été entamées l’an dernier au Red Bull Ring, la signature intervenant le 27 décembre.

« Ce rachat est un bol d’air » indique Norbert Santos. « Pour industrialiser le produit LMP3, nous avons besoin d’un fond de roulement plus important, d’où la nécessité d’intégrer un groupe important. Continuer à vivre sans imaginer cette industrialisation des pièces aurait été compliquée sur le long terme. »

« On se concentre sur la partie commerciale » déclare Yann Belhomme. « Il faut prendre des commandes, vendre des autos, les fabriquer et les livrer. Notre présence augmente avec des ventes de qualité. L’objectif est clairement d’augmenter la capacité. »

Il faut entre 8 et 10 jours pour assembler une Norma M30 LMP3. Trois postes sont en place pour assembler les autos sachant qu’il est possible de passer à cinq. Le marché de la Norma M20 FC est constant pour les courses de côte mais en baisse pour les courses CN. La Norma est disponible avec le moteur turbo d’origine Peugeot.

Yann Belhomme et Norbert Santos se veulent confiants sur le futur de la catégorie CN. « Il faut conserver une auto en-dessous du LMP3 » indique Belhomme. « On a sorti des pilotes du karting au LMP3. La question est de savoir si tout le monde est capable de faire le grand saut. »

« La discipline CN est viable si le modèle correspond à une réglementation FIA » explique le constructeur. « Jusqu’à l’année passée, beaucoup de teams changeaient leurs autos tous les ans car il y a un vrai marché d’occasion mondial. Si on garde une catégorie en-dessous du LMP3, il faut des règles FIA pour avoir un marché mondial ainsi que des normes de sécurité FIA, ce qui est le cas du CN actuel. Cela ne peut pas passer par un produit marginal. »

De là à voir une CN fermée, Norbert Santos a un avis sur le sujet : « Des pilotes ne veulent pas d’un toit et d’autres en veulent absolument un. Aujourd’hui, c’est de l’ordre de 50/50. On a posé des questions en pensant qu’une auto ouverte était dépassée, mais ce n’est finalement pas le cas. »

Entre les différents marchés, Norma a construit plus de 400 autos CN.

En rachetant Norma, Duqueine Mobility pense forcément à l’avenir. « La volonté de développer l’entreprise est clairement là » indique Yann Belhomme. « Aujourd’hui, c’est parfait d’être présent en LMP3. On pensera à autre chose plus tard. Il nous faut déjà être en place en Asie. Le marché asiatique est important pour nous. Nous sommes déjà implantés aux Etats-Unis et l’objectif est maintenant d’être prêt pour le début de l’Asian Le Mans Series. »

En un an, Norma a assemblé 26 châssis, chiffre conforme au souhait du constructeur pyrénéen : « Le business plan est respecté. Tout cela grâce au travail des équipes qui nous font confiance. Nous avons la chance d’avoir des écuries très professionnelles qui n’ont cessé de faire progresser l’auto. »

Le LMP3 reste en dehors de toute Balance de Performance et ne parlez surtout pas de BOP dans cette catégorie à Yann Belhomme : « Le règlement est détaillé. La BOP a un sens en GT3 avec des autos équipées de moteurs différents. En LMP3, tout le monde a le même moteur et la même boîte de vitesses. Le cahier des charges est identique pour tous. Avoir une BOP en LMP3 n’aurait pas de sens. Les championnats labellisés ACO sont basés sur la performance et non les résultats. »