Dirk Werner (Porsche) : « En Blancpain GT Series, la clé est l’expérience »

A 37 ans, Dirk Werner a effectué quasiment toute sa carrière en GT. Après des débuts sur Porsche au début des années 2000, le natif de Hanovre a rejoint les rangs de BMW pour le DTM durant deux saisons puis l’American Le Mans Series où il a connu un certain succès. 2017 est l’année du retour chez Porsche comme pilote officiel. Sur le papier, la saison 2018 avait de quoi être séduisante avec deux programmes majeurs : Blancpain GT Series Endurance, Intercontinental GT Challenge. La Porsche 911 GT3-R/Manthey Racing qu’il partageait avec Romain Dumas et Fred Makowiecki n’a quasiment jamais joué les premiers rôles sur les deux programmes.

« Si on regarde uniquement les résultats, c’est ma plus mauvaise saison », nous a confié Dirk Werner. « Nous ne sommes pas montés une seule fois sur le podium. En revanche, nous avons roulé sur les plus beaux circuits : Bathurst, Spa, Suzuka, Laguna Seca. Les 24 Heures du Nürburgring et de Spa restent les deux plus belles courses à gagner au général, mais la chance n’a pas tourné en ma faveur. »

Le meilleur résultat de Dirk Werner en 2018 reste une 4e place aux 8 Heures de Californie sur la Porsche 911 GT3-R/Wright Motorsports. Manthey Racing a fait rouler la Porsche sur les autres manches IGTC et Blancpain GT Series Endurance.

« Il y a quelques domaines où nous n’avons pas été compétitifs », souligne le pilote Porsche. « L’équipe découvrait le championnat Blancpain et il a déjà fallu comprendre le fonctionnement des pneumatiques. La clé est l’expérience sachant qu’on roule face à des équipes qui sont là depuis des années. »

Manthey Racing et Porsche ont dû faire face à une concurrence sacrément affûtée avec bien plus de modèles en piste. Seule cette écurie alignait une Porsche en Pro en Blancpain GT Series Endurance en dehors des Total 24 Heures de Spa.

« La Porsche est en fin de vie, nos concurrents ont des autos avec plus d’appui et plus de moteur en ligne droite », précise Dirk Werner. « J’ai bien aimé rouler dans les deux championnats qui sont très relevés avec une grosse compétition. Porsche avait moins de retour de par le manque d’autos en Pro. »

L’Intercontinental GT Challenge a permis au pilote allemand de prendre beaucoup de plaisir même si les résultats n’ont pas toujours été à la hauteur : « Ce championnat est une très bonne idée. On a pu voir à Bathurst, Suzuka et Spa que les fans ont répondu présents. Il faut maintenant faire la même chose pour Laguna Seca et ce sera parfait. J’aimerais bien poursuivre dans le championnat. »

Habitué aux courses américaines du temps où il roulait chez BMW, Dirk Werner a retrouvé un environnement qui lui plaît : « J’ai débuté aux Etats-Unis en 2006 avant de disputer pas mal de saisons complètes chez BMW. Les courses sont toujours intenses avec une grosse incertitude jusqu’au damier. Il faut savoir maîtriser les neutralisations. J’ai toujours aimé les courses à l’américaine. Chaque championnat a son propre caractère. »

Dirk Werner a partagé son volant avec deux pilotes français cette saison. De quoi lui faire améliorer son Français : « C’était pour moi une nouvelle expérience même si dans le passé j’ai souvent eu des français autour de moi. Je comprends environ 20% de ce qui est dit. J’ai vraiment apprécié cette année avec Romain et Fred. J’ai beaucoup appris à leurs côtés et c’est bien de travailler avec eux. C’est toujours bien de pouvoir se comparer à eux et de progresser. »