Barcelone : la pluie met à mal l’ouverture de la saison

Avec plus de trois heures passées sous régime de neutralisation sur une course de quatre heures, la manche VdeV Endurance Series de Barcelone a pris l’eau. Pour ce premier rendez-vous de la saison, la météo a fait des siennes avec une forte pluie qui s’est abattue samedi sur le tracé catalan. Il aurait été inconscient de lancer une course dans ces conditions. Fallait-il pour autant faire rouler les autos plus de 75% de la distance afin de distribuer la totalité des points ? Les avis sur la question divergent. Deux fidèles du championnat VdeV Endurance Series nous ont exprimé leur point de vue. Laurent Cazenave, qui gère la structure CD Sport avec Claude Degremont, et David Zollinger, pilote chez Equipe Palmyr, ont vécu la situation sur place en Espagne.

« Les avis sont unanimes, la piste était impraticable, » nous a déclaré Laurent Cazenave. « Faire un départ dans ces conditions était impossible et la bonne décision a été prise. On ne peut pas reprocher la pluie aux organisateurs qui n’y sont pour rien. Cependant, rouler trois heures sous régime de neutralisation n’a pas de sens. La course est faussée en fonction des arrêts et c’était un peu la loterie. Il fallait avoir de la chance car il n’y a jamais eu de course. Le résultat final n’a pas de réelle valeur, d’autant plus qu’il faut s’assurer que tous les changements de pilotes ont bien été effectués. »

La Norma M30 LMP3/CD Sport de Debard/Bole-Beasançon/Beltoise s’est classée 7e en LMP3 et 16e au général. « Les pilotes sont là pour se faire plaisir, » souligne Laurent Cazenave. « Ils ont tous compris que c’était impraticable. Pourquoi ne pas avoir fait quelques tours et résoudre à arrêter la course ? Le VdeV et le directeur de course ne sont aucunement responsables de l’état de la piste. Je n’avais encore jamais assisté à une course 3h derrière un safety-car. Rouler à fond ou pas a coûté la même chose. Je suis juste déçu pour les pilotes. Par chance, c’était la première course de la saison. »

Laurent Cazenave avait une idée pour régler la situation : « Pourquoi pas organiser deux courses de six heures sur les meetings de quatre heures qui arrivent… Le plan B aurait été de faire deux courses de quatre heures le même week-end. Le problème est que certaines autos peuvent l’encaisser, d’autres pas. J’espère que cette course n’aura pas d’incidence sur l’issue finale du championnat. »

Equipe Palmyr, l’équipe où roule David Zollinger, a remporté la « course » grâce la stratégie. Sa Norma M20 FC a pris la 5e place derrière une autre Norma du team de Kosma Zarazik. « On ne pouvait pas faire autrement, » nous a confié le quadruple champion CN. « On a constaté dès les qualifications que ce serait compliqué. Deux choix s’offraient à l’organisateur : annuler la course ou rouler derrière le safety-car. La deuxième solution a été prise. Du côté d’Equipe Palmyr, nous avons tout fait comme si la course se déroulait normalement en gérant au mieux les arrêts et les pénalités obligatoires. Finalement, il y a eu de la stratégie car si on regarde notre auto, nous sommes partis 17e pour arriver à la 7e. »

Les pilotes en piste ont dû affronter des conditions dantesques, certains se retrouvant en fâcheuse posture malgré la vitesse réduite. « Physiquement, c’était un défi, » tient à préciser le natif de Pontarlier. « Passer 40 minutes dans un prototype ouvert dans le froid sous la pluie n’est pas évident. A la fin, je ne sentais plus mes doigts. Ceux qui ont terminé devant ont mieux réfléchi. Nous avons mis en place une stratégie comme si la course allait partir à un moment, ce qui nous a contraint par la suite à revoir notre copie. On ne savait pas quand la course allait être arrêtée, l’organisateur ayant aussi ses contraintes. »

Quatre autos ont été pénalisées à l’issue de la course pour ne pas avoir respecté le temps de conduite minimum et quatre n’ont pas été classées pour ne pas avoir bouclé 75% de la distance parcourue par le leader.