Philippe Sinault (Signatech-Alpine) : « Il y a encore un tas d’histoires à raconter avec Alpine »

En début d’année, on ne savait pas trop quoi attendre des Alpine A110 en version Cup et GT4. Aller se frotter à Audi, BMW, Mercedes et Porsche dans une catégorie GT4 de plus en plus compétitive n’est pas une mince affaire. Le petit groupe de « gaulois » de Signatech-Alpine emmené par Philippe Sinault, Lionel Chevalier et Alix Masson, a parfaitement maîtrisé ses deux sujets. Aussi bien en Cup qu’en GT4, les avis sont unanimes sur les deux produits A110. Personne, et on dit bien personne, ne nous a dit quelque chose de négatif sur l’Alpine A110 de course. A l’heure de dresser le bilan 2018, Philippe Sinault ne peut être que positif.

Quel bilan tirez-vous de la campagne 2018 en Alpine Elf Europa Cup ?

« Notre équipe a fourni un travail fantastique. Il faut maintenant tout faire pour séduire plus d’écuries en dehors des frontières françaises. C’est notre prochain challenge car le championnat veut être plus européen. Avoir 20 à 25 autos en 2019 serait très bien. Nous allons tenir compte du retour des équipes et des pilotes pour apporter quelques modifications mineures à l’A110 Cup. Elle est déjà suffisamment performante, donc il n’y a rien à attendre de plus sur ce sujet. Il faut se souvenir que le programme a été annoncé le 26 octobre 2017, donc assez tard. Il a fallu que tout se mette en place petit à petit. L’intérêt pour le championnat est grandissant. »

La satisfaction est la même pour l’Alpine dans sa version GT4 ?

« Le sujet GT4 est plus risqué car, si en Cup nous sommes entre nous, ce n’est pas du tout le cas en GT4, bien loin de là. La Balance de Performance est quelque chose de nouveau pour nous. Quand on ne connaît pas le sujet, il faut se faire aider. Je tiens à adresser un grand coup de chapeau à Lionel (Chevalier) et son équipe, ainsi qu’à Charly Bourachot et CMR qui ont joué le jeu à 100%. Notre gros avantage est d’être créatif et d’avoir une auto agile. Le projet était emmené par un petit commando. Il faut maintenant aller optimiser le produit. »

Comme en Cup, l’objectif est de séduire des écuries hors de France ?

« Exactement ! Signatech-Alpine offre un soutien identique à tous ses clients car il n’y a pas d’équipe officielle Alpine. Gagner à Spa en GT4 European Series a été quelque chose de fort. Personnellement, j’étais sceptique sur ce déplacement peu de temps après les débuts de l’auto en compétition. »

Place maintenant aux courses d’endurance pour l’Alpine A110 GT4 ?

« Les 24 Heures de Dubaï arrivent trop tôt, mais nous travaillons le sujet pour proposer un kit Endurance. Les freins et le réservoir sont déjà dimensionnés pour des courses longues. »

Maintenant que l’Alpine A110 de route est réalité, quid du futur d’Alpine en LMP2 ?

« Mon souhait est de poursuivre car il y a encore un tas de choses à raconter. Nous sortons d’un nouveau podium à Fuji décroché à l’issue d’une très belle course. Cependant, nous ne sommes pas surpris de retrouver devant nous Jackie Chan DC Racing. Pour le futur, nous sommes à l’écoute de ce que l’on peut faire avec Alpine. Nos deux entités sont liées sachant que nous avons eu la chance de faire partie des premières discussions sur le modèle routier. La qualité du projet a lié les équipes Renault Sport et Signatech. Nous avons très bien travaillé ensemble. »