A la découverte de l’Australie et des 12 Heures de Bathurst, part 1…

Les Européens n’étaient pas très nombreux à avoir fait le déplacement aux 12 Heures de Bathurst, ce qu’on peut comprendre vu l’éloignement avec le vieux continent. Pourtant, deux irréductibles ont découvert l’Australie et la course. Jumeler course et tourisme était certainement la meilleure chose à faire. Stéphane (Suisse) et Patrick (France) sont revenus avec nous sur leur découverte des 12 Heures de Bathurst. Les deux, qui ne se connaissaient pas il y a encore une semaine, pourraient être à nouveau en Australie en février 2020 tant ils ont aimé le déplacement à 17 000 km. Premier épisode avec les 12 Heures de Bathurst vues par Stéphane.

« Tombé dans la marmite du GT et du sport-proto au milieu des années 90, principalement grâce au très beau championnat BPR, j’ai rapidement eu à cœur d’être au plus près des événements, donc de faire ma valise et de me rendre plusieurs fois par an sur les destinations de nombreux championnats comme les magnifiques FIA GT et World GT1, Blancpain GT, ELMS, ALMS, etc. avec de superbes courses à la clef comme les Total 24 Heures de Spa, Nürbugring, Sebring, Laguna Seca and Co.

Cela faisait déjà quelques années que je suivais avec assiduité la course de Bathurst, que les australiens qualifient de plus beau circuit du monde, alors que de mon côté, Spa et la Nordschleife se trouvent en tête de liste, et cette événement aux antipodes titillait mon esprit.

Décision est prise en 2019 d’aller visiter une (petite) partie de ce grand continent d’Océanie et de grouper ce trip avec le week-end de course des 12 Heures de Bathurst intégré dans un championnat qui s’annonce très prometteur.

Départ de Zürich, petite escale à Hong Kong et atterrissage sans encombre en Australie dans un voyage pas si long que ça en finalité.

Avant d’entamer la route pour le circuit de Bathurst, on passe par la très belle ville de Sydney. C’est l’été, il fait beau et chaud, la cité est au bord de l’océan, les locaux font du surf, il y a des terrasses et des parcs partout, la diversité culinaire et l’offre culturelle sont en rendez-vous, autant dire que l’on a envie de s’y installer plusieurs semaines. Ensuite, direction le circuit à un peu moins de 3 heures de route, trajet qui passe comme une lettre à la poste puisque l’on traverse le très beau parc national des Blue Montains, ses forêts d’eucalyptus et ses habitants inhabituels pour nous européens (wallaby, wonbat, etc…). 

Puis c’est l’arrivée au circuit que l’on reconnaît d’assez loin avec sa grosse écriture sur la montagne qui annonce déjà la couleur : Mont Panorama. Ces deux mots expliquent à eux seuls toute la magie du lieu. La course se déroule bien sur un mont et le panorama est à couper le souffle avec une vision à plusieurs dizaines de kilomètres sur la campagne. 

Première impression en entrant dans le village du circuit, c’est propre, ordonné et tous les constructeurs engagés dans la course sont bien impliqués avec une présentation soignée de certains de leurs modèles sportifs. Par exemple, autant il n’y a qu’une seule McLaren en course, autant le constructeur anglais a amené l’artillerie lourde : Senna, 720S, 600LT, 570S.  

L’accès au paddock est aisé et surtout les spectateurs ont une vue arrière totalement dégagée sur les box, permettant de voir le travail des mécanos et d’assister à la parade des ravitaillements. 

L’ambiance est excellente, les australiens sont de vrais passionnés, auvents et écrans pour suivre la course ont été installé à l’intérieur de ceux-ci, petits et grands suivant les temps et le classement sur leur téléphone portable. L’alcool est discret, donnant un sentiment de zénitude sur l’événement où l’on croise toutes les classes d’âge.

Concernant la pièce maîtresse du week-end, à savoir le circuit, en une phrase, c’est un truc de malade. Autant Spa est un toboggan, autant Bathurst est des montagnes russes. Lorsque l’on est au skyline (haut du circuit), on a de la peine à croire que des GT de la performance des GT3 vont s’enfiler entre les murs avec un dénivelé à peine croyable pour un circuit. On se dit même que le week-end risque de passer par 20 drapeaux rouges, puis non, relativement peu d’incidents, ce qui prouve le niveau de concentration et de professionnalisme des pilotes engagés dans cette course.

Les points de vue le long du circuit sont légions et surtout, en exagérant à peine, on peut quasiment toucher les voitures lors de leurs passages en tendant le bras. Je pense que ce sentiment est assez unique en son genre. C’est également le paradis des photographes.

Vous l’aurez compris, ce circuit, couplé à un plateau de magnifiques GT, est ma plus belle expérience en bord de piste. Ça devient pratiquement incontournable d’y retourner l’année prochaine.

Pour le budget à prévoir, mis à part un peu l’avion, ce n’est pas plus coûteux qu’aller aux USA, car principalement l’hôtellerie est moins chère en Australie qu’au pays de l’oncle Sam ou qu’en Europe.

Dans la rubrique des reproches, mais c’est la même chose sur toutes les courses y compris dans les pays de la gastronomie (France et Italie), la junkfood est omniprésente et toujours aussi mauvaise…

Stéphane (Suisse)