jeudi 02 septembre 2010 - 13 visiteur(s) et 0 membre(s) en ligne.  [Visiteur - Connexion] Inscriptions ici
Le Mans
ORECA au HTTT, Olivier Panis : « La réussite du programme se joue en essais »
12 février 2009


2008 marquait les débuts en Endurance d’Olivier Panis. Au volant d’une des deux LC70E du Team ORECA-Matmut, l’ancien pilote F1 s’est rapidement adapté à sa nouvelle discipline, avec des performances remarquées et notamment un podium aux 1000km de Spa. Rencontré dans le cadre de notre journée avec ORECA, le Grenoblois est prêt à passer à la vitesse supérieure en 2009…

Olivier, quel est ton sentiment sur cette première année en Protos ?

« Personnellement, c’est un bilan très positif. J’ai découvert une nouvelle discipline et j’ai vraiment aimé ça. Je voyais la catégorie de loin lorsque j’évoluais en F1, mais après avoir vécu cela de l’intérieur, c’est tout simplement génial ! L’état d’esprit, l’ambiance qui règne, sans oublier les voitures… Malgré tout ce que j’ai pu connaître auparavant, j’ai été séduit et ça me motive pour continuer ! »

Et dans cette découverte, quelle place ont tenu les 24 Heures du Mans ?

« J’avais déjà été impressionné à la TV. Je dois dire que j’ai adoré l’aspect populaire. Toute la semaine, j’ai baigné dans une atmosphère que je ne connaissais pas. Les gens qui viennent pour la fête, par passion, la parade des pilotes aussi… C’était géant ! La piste est mythique et c’est sympa d’y rouler, mais c’est vraiment le côté humain qui m’a marqué. »

D’un point de vue sportif, le bilan est-il positif lui aussi ?

« Je suis quelqu’un qui positive. Où nous sommes arrivés, par rapport à où nous sommes partis, je trouve cela hyper positif. En qualifications, nous avons été régulièrement dans le Top 5. Et en course, nous nous sommes souvent retrouvés dans le quinté de tête. Pour une première année, c’est bien. Evidemment, nous aurions pu faire mieux, notamment au Nürburgring et à Silverstone. Mais il faut savoir en tirer le positif, tout en gardant à l’esprit les points négatifs pour les corriger. Nous avons connu un certain nombre de problèmes. Mais pour apprendre, il faut en passer par là. »

Quels sont les bons moments que tu retiens ? Spa ?

« Oui parce que décrocher un podium pour notre première saison, c’était bien pour tout le monde. Le team avait adopté une bonne stratégie, le début de course de Nico était super. C’était une course « pleine » et c’est ce vers quoi nous devons aller, constamment. Mais il y a d’autres bons souvenirs. Je pense par exemple à Barcelone : nous avions fait dix tours avant d’aller là-bas et nous nous classons à la sixième place des qualifs ! En fait, c’est plein de petits moments sympas que je retiens et pas un en particulier. »

Toi et Nicolas avez effectué le premier roulage de la Courage-Oreca avec le V10 AIM et des évolutions au niveau des liaisons au sol. Que penses-tu de ce test ?

« Je suis très content du potentiel montré par la voiture. Au niveau de la performance, on peut sentir une vraie différence par rapport à la LC70 de 2008. Les nouvelles suspensions et le nouveau moteur nous permettent de faire un grand pas en avant. Le moteur AIM est plus léger, plus bas et il nous fait progresser, notamment au niveau du couple. Quant aux liaisons au sol, nous progressons nettement par rapport à l’an dernier. Notamment au niveau du train avant. J’attends avec impatience la nouvelle aéro ! »

Tu es particulièrement réputé pour tes qualités de metteur au point. Cette période doit donc te plaire…

« Oui, ça me plaît énormément. L’intersaison, la phase de développement, c’est toujours une période très importante. Nous préparons aujourd’hui la performance que nous aurons demain. C’est par des séances régulières que nous avencerons. C’est aussi maintenant que l’équipe se soude. La réussite du programme se joue en essais. Les résultats viendront avec le travail effectué en ce moment. »

Que penses-tu de l’arrivée d’Aston Martin ?

« C’est très bien d’avoir un troisième constructeur. C’est bien pour l’endurance d’avoir une marque qui a une telle culture de la discipline. C’est bien aussi pour les Le Mans Series. Et c’est bien que ce soit un proto essence. Pour nous, ce sera l’équipe à battre. La Lola-Aston était déjà très performante l’an dernier et avec le soutien officiel d’AMR, elle le sera encore plus. Ça ne me fait pas peur : je prends ça de manière positive. Si nous arrivons à les battre, ce sera encore plus valorisant. »

Quels seront tes objectifs cette saison ?

« Si je m’écoutais, je voudrais gagner dès cette année ! Objectivement, nous devons viser une place parmi les quatre premiers. Il faudra faire preuve de plus de constance aussi. Mais il est clair que je ferai tout pour gagner ! En Le Mans Series, je pense que c’est faisable. »

En l’absence des Audi R15 et des Peugeot, en tout cas à Barcelone, pouvez-vous viser le titre ?

« Ce serait prétentieux de dire ça aujourd’hui. J’aborde le championnat avec beaucoup d’humilité et il faudra voir le début de la saison avant de se prononcer. Après quelques courses, ma réponse à la question sera peut être différente ! »

Une équipe peut-elle être tentée de sacrifier les Le Mans Series pour mieux préparer Le Mans ?

« Je pense qu’une bonne préparation pour les 24 Heures du Mans passe par de bonnes courses en Le Mans Series. Etre fiable et performant, obtenir de bons résultats en Le Mans Series, c’est très important dans l’optique du Mans. »

Dans la Sarthe justement, quelle place vises-tu ?

« Un podium ce serait magique ! Je pense personnellement que tout est possible au Mans. Si une équipe peut monter sur le podium, pourquoi pas nous ? Je pense en tout cas que beaucoup de choses se joueront sur la fiabilité et sur les arrêts au stand. La façon d’utiliser les pneus va être capitale. »

Parallèlement à ton programme en LMP1, tu seras en FFSA-GT avec DKR. Comment est né ce projet ?

« Soheil Ayari m’avait dit l’an dernier que ce championnat me plairait. J’ai eu l’occasion de le découvrir lorsque j’ai fait une course en Porsche Carrera Cup, dans le cadre de la Super Série FFSA et j’ai trouvé la série intéressante. En outre, je voulais avoir un deuxième programme, pour garder le rythme entre deux manches des Le Mans Series. Je suis entré en contact avec DKR et je roulerai donc avec Eric Debard. »

Tu as découvert la Corvette C6.R à Lédenon. Quelle a été ta première impression ?

« J’ai adoré la voiture ! Elle est très sympa à piloter, même sous la pluie. Quant au moteur, il est incroyable coupleux. Les sensations sont vraiment bonnes. »

Quelles seront tes ambitions ?

« Je pense que nous avons une auto pour gagner et que DKR est une équipe expérimentée. Eric Debard est motivé et il aura un grand rôle à jouer. Entre les pilotes A, il peut y avoir quelques dixièmes, mais les pilotes B peuvent faire de grandes différences. Nous verrons selon les opportunités. Et si nous pouvons nous battre pour le titre, alors tant mieux ! »

Propos recueillis par Anthony Megevand



Page Spéciale pour impression  Envoyer cet Article à un ami