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En visite chez :
Michelin : Quand les pilotes Peugeot découvrent la fabrication des pneus « compétitions »…
05 décembre 2008


C’est à l’initiative de Michelin que nous nous sommes rendus à Clermont-Ferrand pour accompagner les pilotes Peugeot dans la découverte de la chaîne de fabrication des pneumatiques « compétitions ». Une visite pour le moins intéressante, mais aussi surprenante !

Mardi soir, direction donc le stade Marcel Michelin, l’antre de l’ASM Clermont-Auvergne, actuellement cinquième du Top 14. Dans les salons de l’enceinte clermontoise, située à quelques mètres du service Compétition de Michelin, c’est une soirée fort sympathique que nous avons passé en compagnie des pilotes Peugeot (Nicolas Minassian, Stéphane Sarrazin, Franck Montagny, Alexander Wurz, Pedro Lamy, Marc Gené), mais également des membres de l’encadrement du Lion, tels que Michel Barge, Serge Saulnier et Bruno Famin, et de Michelin. L’occasion de parler de sport-auto bien sûr, mais pas seulement.

Après la décontraction, place aux choses sérieuses mercredi matin. Dès 8h30, rendez-vous à l’usine de production de Cataroux où se fabriquent les pneus destinés à la compétition. En quelques mots et chiffres, Cataroux, c’est un site construit en 1920 qui s’étale sur pas moins de 50 hectares, avec une particularité : il est en plein centre ville ! Près de 3000 personnes y travaillent, regroupées dans quatre familles. Première d’entre elles, la fabrication et l’industrialisation comptent 2000 employés, répartis sur la production des pneus compétitions et haut de gamme, sur les mélanges (environ 600 personnes) et les fibres métalliques (250 personne). Les trois autres secteurs sont le pole recherche et développement (bien que celui-ci soit majoritairement installé à Ladoux) la partie dédiée à l’information et l’administration, ainsi que le bureau d’études, Michelin concevant ses propres machines.

Après cette présentation par Michel Renault, le patron du site, nous découvrons les différentes étapes de la fabrication d’un pneu : avant la pratique, rien ne vaut un peu de théorie… illustrée. Un pneu, ce n’est pas si simple que cela puisque plus de 200 matériaux le compose ! De manière générale, il y a quatre grandes étapes :

-Préparation des produits semi-fini
 - gommes plates ou profilées
 - nappes textiles
 - nappes métalliques et tringles

-Assemblage de ces produits
 - confection
 - finition

-Cuisson ou vulcanisation
-Contrôle

Place ensuite à la pratique, avec la fabrication d’un pneu de Citroën 2CV à l’Ecole du pneumatique. Après avoir chaussé les chaussures de sécurité, nous suivons avec attention les instructions de notre moniteur sur le poste d’assemblage. Avec plus de sérieux pour certains pilotes que d’autres… mais nous ne donnerons pas de nom. Certains suivent rigoureusement, d’autres sont un peu plus « touche à tout », même ce qu’il ne faut pas ! Il serait difficile de vous détailler toutes les étapes de la fabrication, tant elles sont nombreuses. Nous vous proposons donc une petite illustration ici.

Une chose est sure : c’est impressionnant car tout est manuel ! Des pilotes, comme Nicolas Minassian, dit le roi de la bichicote, n’ont pas hésité à mettre la main à la patte. Et si la première tentative de rabattage des flancs fut hasardeuses, la seconde fut concluante, nous y reviendrons. Chapeau Nico’, car ce n’était pas facile. Toujours est-il que toutes les manipulations sur le futur pneu sont minutieuses et que nous avons mis plus d’une heure à faire un pneu, là où un employé Michelin mettra entre cinq et dix minutes !

L'impression des pilotes...

Franck Montagny : « Je ne savais vraiment pas à quoi ressemblait une usine de fabrication de pneus avant de venir. J'ai vraiment été ravi de découvrir toute la chaîne de fabrication des pneus de compétition, du début à la fin. On parle souvent de cet objet rond et noir comme d'un « matériel » et on en oublie le côté humain. Aujourd'hui j'ai découvert des hommes méticuleux et passionnés, et je me rends encore plus compte que ces hommes et femmes sont tout aussi attentionnés que nous pouvons l'être au volant à 300 km/h. C'est très rassurant car j'ai roulé des milliers de pneus Michelin et je n'ai jamais eu de problème alors forcément aujourd'hui je suis admiratif. Surtout je pense que j'ai une vie facile derrière mon volant et que je fais surement plus d'erreurs qu'eux  ! »

Stéphane Sarrazin : « J'étais loin de penser que c'était aussi manuel de fabriquer un pneu. Je m'attendais à quelque chose de très automatisé, et au contraire il y a énormément d'hommes et de femmes qui œuvrent sur toutes les étapes, et c'est super pointu   ! Toutes ces personnes travaillent comme nous, au millimètre près, et ils sont tous très minutieux. C'est top, et je pense que je ferai plus attention aux pneus maintenant ! »

Nicolas Minassian : « Cette journée m'a apporté une meilleure compréhension du pneu, c'est certain. J'aurai plus de respect pour le pneu car c'est souvent l'élément que l'on abime le plus. Je suis vraiment impressionné par la précision des employés. Ils passent toutes les étapes très proprement, méticuleusement, sans précipitation et j'aime les voir travailler, c'est très impressionnant. On ressent un vrai sentiment de perfection. »

Déjà fortement impressionnés par l’aspect manuel de cet assemblage, nous nous rendons ensuite à l’usine de production. Nous y découvrons alors les étapes précédant l’assemblage, l’assemblage lui-même et post assemblage. De la fabrication des plaques de mélange, à la préparation des aciers, des textiles aux produits semi-finis, le constat est toujours le même : l’homme n’est jamais très loin ! Il faut un œil d’expert pour voir les défauts, manipuler, couper les différents matériaux.

Nous retrouvons alors le poste d’assemblage. Le soin pris par la personne est impressionnant. Sa rapidité tout autant. A son poste, il sortira une trentaine de pneus à la journée. Nous parlons bien là de pneus de compétition, car un peu de série peut être produit à 2000 exemplaires en huit heures ! Renseignements pris, cette différence s’explique par le fait qu’une personne peut manipuler des matériaux difficiles à gérer par un automate. Cela permet ainsi au pole développement de travailler sur davantage de possibilités. La fin de l’assemblage approche et Nicolas Minassian retente le rabattage de flanc. Cette fois, c’est la bonne et c’est une salve d’applaudissements qui récompense le Marseillais. Et pour les mauvaises langues, non ce pneu ne sera pas livré à Audi ! Il s’agissait en fait d’un futur pneu de GT2.

Place ensuite à la cuisson d’un pneu. Le mot est tout trouvé puisque l’ensemble de la fabrication s’apparente vraiment à un plat cuisiné. Une vraie recette, avec différente étape qu’il faut suivre avec attention, avec minutie. La gomme se retrouve dans le moule de cuisson qui va « imprimer » les futures sculptures après que la membrane soit remplie de vapeur. La vulcanisation opère désormais sur les mélanges de gomme et les différents renforts, le pneu passant de l’état plastique à élastique. Après toute sorte de contrôle qualité, dont une radioscopie (!), le pneu est fin prêt !

Notre visite s’arrête là. Les pilotes rencontrent les membres de Michelin qui se font signer avec plaisir quelques cartes et posters. Pour avoir vécu la visite avec Nicolas Minassian et Stéphane Sarrazin, nous avons tous été impressionné par le travail effectué. Globalement, nous nous attendions tous à voir un processus relativement automatisé. Finalement, c’est l’homme qui est le chef d’orchestre d’un travail d’orfèvre.

« C’était très intéressant » confirme Bruno Famin. « J’avais une petite idée de comment se faisait un pneu mais c’était bien de voir en vrai, de visualiser. Je pense que c’était important pour les pilotes de découvrir la fabrication des pneus. Ils vont les voir différemment désormais. Ils ont vu le travail que cela nécessite et les différentes étapes : cela va les aider dans la compréhension du pneu. Personnellement, j’ai été surpris par la précision du travail manuel. C’est assez frappant. Cette journée a en tout cas été à l’image de notre partenariat avec Michelin, de la collaboration que nous menons ensemble depuis plusieurs saisons. La journée a été très instructive. »

Intéressant, impressionnant : des mots qui sont revenus régulièrement dans la bouche des pilotes Peugeot qui ont, il faut le souligner, tous joué le jeu à fond. Il est clair que nous ne regarderons plus les pneus de la même manière ! Merci à Michelin de nous avoir donné cette opportunité, à tous les membres du Bibendum qui nous ont expliqué en détails ce long processus.

Anthony Megevand



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