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Le Mans
Corvette de 2007 à 2010 : Tour d’horizon avec Doug Fehan.
20 janvier 2008


2007 restera comme une année particulière pour le Corvette Racing. Le team a tout d’abord conservé ses titres en ALMS, mais il n’a eu à affronter aucune concurrence. Aux 24 Heures du Mans, l’équipe américain a dû céder son trophée au rival Aston Martin. Doug Fehan revient sur cette saison un peu spéciale et évoque l’avenir du Corvette Racing…

Après deux victoires avec la C6.R, Corvette n’a pu décrocher un troisième succès consécutif aux 24 Heures du Mans. Plus de six mois après, quel regard portez-vous sur cette course ?

« Nous étions très déçus lorsque le drapeau jaune est sorti pour neutraliser la course lors de la dernière heure. Nous savions qu’il allait pleuvoir, et nous avions une très bonne stratégie pour ces conditions de piste. Donc lorsque le drapeau jaune a été déployé, nous savions que c’était cuit. Mais c’est la course. Parfois ces faits sont en votre faveur, parfois non. En tout cas, il n’y a aucun doute : sans la neutralisation, nous aurions pu gagner ! »

De quoi avait besoin le Corvette Racing pour s’imposer ?

« En fait, nous avions besoin de la même chose : une bonne fiabilité et une bonne stratégie. Nous n’avons pas réalisé le meilleur chrono lors des qualifications, ni le meilleur temps en course. Mais nous ne l’avions pas fait auparavant non plus. En revanche, nous avons été très surpris et très déçu de voir la n°4 arrêtée. C’est la toute première fois qu’une de nos Corvette ne termine pas les 24 Heures du Mans ! C’est ma plus grosse déception. Nous avons trouvé la solution à ce problème, et je peux vous dire qu’il ne se reproduira pas ! »

L’absence de concurrence en ALMS a-t-elle pesé sur votre résultat dans la Sarthe ?

« Non absolument pas ! L’ALMS a été utilisé pour le développement des autos, pour préparer Le Mans de la meilleure des façons, avec le meilleur niveau de performance. Il n’était pas nécessaire de faire d’autres courses pour affronter d’autres concurrents. Il n’y a qu’à voir le Pit-Stop Challenge : ce sont nos deux Corvette qui sont arrivées en finale de ce concours pourtant très relevé ».

Comment avez-vous vécu la saison sans concurrence en ALMS ? Etait-ce une situation difficile à vivre ?

« Comme ma réponse précédente le suggère, il n’y a pas eu de problème. Je pense que les gars ont bien vécu cette année où les deux voitures devaient s’affronter l’une contre l’autre. Ce programme permet également de montrer notre compétitivité, de mettre en lumière la technologie utilisée et les valeurs de Corvette. C’était toujours le cas en 2007. Avoir de la compétition c’est bien, mais il n’y a pas que cela qui entre en compte. Notre présence en ALMS est aussi un gage de retour sur investissement, notamment au niveau marketing. En 2007, nos ventes sur les meetings de l’ALMS ont augmenté de 187% ! »

De ce point de vue, j’imagine que vous devez être heureux de voir l’évolution de l’ALMS, avec un calendrier reconduit pour 2008, de nombreux fans, plusieurs constructeurs…

« Effectivement. L’ALMS tire les leçons de ses expériences pour progresser et proposer de bonnes choses aux constructeurs. Cela nous permet de montrer les qualités de Corvette. Qui plus est, l’ALMS encourage l’utilisation de nouvelle technologie, comme l’E85 que nous utiliserons en 2008, mais pas au Mans. Nous pensons donc à être un partenaire important de la série ».

En 2008, vous avez confirmé votre engagement en ALMS et au Mans. Quels seront vos objectifs ? Une présence en Europe est-elle envisageable ?

« Nous voulons conserver nos titres en ALMS. Le Mans sera le pole principal de notre saison. Nous nous attendons à une grande bataille avec Aston Martin, la plus grande depuis leur arrivée en 2005. Cela ne fait aucun doute ! En Europe, nous avons de nombreux clients. Notre objectif est donc de les voir gagner un maximum de courses auxquelles ils participent. Les 24 Heures de Spa en font partie, même si on ne peut pas considérer cela comme notre objectif principal. En revanche, si Corvette Racing peut déléguer des pilotes, comme en 2006, le team ne viendra pas officiellement en Europe. Nous sommes heureux de nos relations avec nos clients. Nous les respectons et nous ne voulons pas venir pour courir contre eux et les battre ».

Savez-vous si vous aurez quelques concurrents en ALMS face à vous ?

« Il est difficile de se prononcer à l’heure actuelle. Mais il semble, ce n’est pas acquis, qu’il pourrait y avoir une Aston Martin et deux Saleen. C’est une possibilité ».

En 2007, une Corvette Z06 GT2 était engagée en Le Mans Series par le Markland Racing. Il me semble que cette équipe ne recevait pas de soutien de la part de GM. Un programme identique se développe au Etats-Unis, via Riley et le LG Motorsports. Cette structure recevra-t-elle un soutien ? Dans le cas contraire, lorsque vous voyez Aston Martin, Ferrari ou Porsche en GT2, n’avez vous pas envie de vous engager dans cette catégorie ?

« Il n’y aura pas de soutien apporté par GM et Pratt&Miller à ces programmes, ni dans le futur d’ailleurs. Concernant notre présence en GT2, cela peut arriver d’une certaine manière, si le GT1 et le GT2 s’unissent pour former une seule catégorie GT dans le futur règlement. Nous réfléchirons alors à cette éventualité, à l’horizon 2009/2010 ».

A propos d’horizon 2009/2010, que pensez-vous du nouveau règlement présenté par l’ACO en juin dernier ? Corvette Racing va-t-il s’engager en proto ?

« Comme je vous l’ai dit précédemment, le Marketing est un élément important de notre programme. E ce point de vue, le règlement va dans le bon sens. Un peu comme pour le GT, nous réfléchirons à cela lorsque le règlement sera définitif. Il n’y aura pas de décision tant que les règles ne seront pas totalement dévoilées ».

Remerciements à Doug Fehan pour sa disponibilité,

Propos recueillis par Anthony Megevand



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