Après que Hugues de Chaunac, Yves Courage et Jean-Claude Plassart aient pris la parole, suivirent les questions des media :
Le marché des LMP1 et des LMP2 n'est pas extensible indéfiniment, pensez-vous vous ouvrir à d'autres marchés ?
Hugues de Chaunac : "Effectivement, le marché des LMP n'est pas extensible, mais nous espérons reconquérir le marché des LMP2 face à Lola et Zytek. D'autre part, nous envisageons la construction d'un petit proto "low cost", style un peu du VdeV, pour que les gens puissent se faire plaisir. Yves Courage va être en charge du développement à l'international, où il y a un intérêt réel. D'autre part, Yves a des contacts importants aux USA et en Asie, notamment en Inde. Nous avons entres autres des projets de formules monotypes. Tous ces projets seront à hiérarchiser et serviront à faire vivre l'entreprise."
Avez-vous d'autres sources de revenus ?
H. de C. : "ORECA a effectivement un fort département évènementiel, avec des partenariats avec deux grands constructeurs :
- Audi, avec la Audi Driving Experience, basée à Paris.
- Un partenariat avec Porsche à Magny-Cours.
ORECA vise également à développer ces activités èvènementielles au Mans, en fonction bien entendu des disponibilités du circuit Bugatti."
Quel sera le moteur pour la LMP1 en 2008 ?
H. de C. : "Nous sommes en discussions avec trois grands constructeurs, mais cela ne concerne que 2009, donc pour 2008 ce sera un moteur disons "compétition-client", le Judd, l'AER... Nous espérons finaliser toutes ces discussions avant la fin de l'année.
Pour un grand constructeur moteur, ORECA présente un gros avantage : il peut offrir les services d'un constructeur expérimenté, d'un service marketing reconnu et a la capacité de déveloper les moteurs à Magny-Cours. ORECA est désormais pratiquement la seule structure à offrir cette possibilité."
Comptez-vous construire un proto pour la Série VdeV?
H. de C. : "Cela fait partie des réflexions."
Yves Courage : "Il existe à l'étranger, au Mexique ou aux USA par exemple, des demandes par rapport à une série Prototype, avec des voitures sûres pour des gentlemen drivers cherchant à se faire plaisir. Cela demande beaucoup de temps, beaucoup de déplacements. Pour en revenir à la cession de Courage Compétition, c'est pour le moment un peu douloureux. C'est un peu comme quand on emmène son enfant en internat pour la première fois... C'est un petit pincement au cœur. Mais le fait de travailler avec Hugues amène une motivation pour apporter un beau projet en Sarthe. C'est une manière de renvoyer l'ascenseur.
Pour la cession de Courage Compétition à ORECA, ce n'est pas l'argent qui 'a emporté (d'autres projets étaient plus intéressants financièrement), mais que serait-il devenu de l'entreprise après? Avec ma femme Liliane, nous n'avions pas créé l'entreprise pour faire un projet commercial, mais c'était un projet de vie axé sur l'endurance. Je dois beaucoup à la course, vcar j'y ai rencontré des gens formidables. J'ai également préféré un projet franco-français. J'étais en discussions avancées avec un constructeur étranger (qui n'était pas américain) mais l'ai préféré le projet français d'ORECA. Je reconnais qu'actuellement, j'éprouve un peu le contrecoup de tout cela. Mais quand on ne sait pas se remettre en cause, on n'avance pas."
Que sera le prototype ORECA en 2009 ?
H. de C. : "Nous allons travailler en fonction de la réglementation de l'ACO. Ce sera évidemment une voiture fermée. Quant au moteur, pour le moment le choix est à 75% celui d'un moteur essence."
En dehors de Courage, avez-vous d'autres projets de reprise?
H. de C. : "Il n'y a pas de volonté de reprises, mais une veille permanente. D'ailleurs, on vient parfois nous proposer des reprises, certaines parfois surprenantes."
Qu'en est-il du programme Saleen?
H. de C. : "Il n'y aura pas de programme en FFSA GT."
Ce sera un programme compétition-clients? Avec Racing Box, par exemple?
H. de C. : "C'est une opportunité parmi d'autres."
Yves Courage, quel sera votre rôle?
Y.C. : "Le développement de diverses Séries, les discussions avec les grands constructeurs, un travail avec les grandes écoles, avec notamment un travail de réflexion sur ce que pourraient être les nouveaux carburants. Il y a beaucoup à imaginer."
Existe-t-il un projet de GT1 de route?
H. de C. : "Non, ni pour demain, ni pour après-demain. C'est très coûteux, très compliqué, notamment pour l'homologation."
Comment s'appelleront les voitures en 2008 ?
H. de C. : "Les voitures seront des Courage-ORECA. Quant au nom du concurrent, cela dépendra du partenaire."
Le partenariat avec MATMUT se poursuivra-t-il en 2008 ?
H. de C.. : "Nous sommes en cours de discussions, qui sont en bonne voie. Vous en saurez plus en novembre, avec quelques petites surprises."
Irez-vous en American Le Mans Series ?
H. de C. : "C'est trop tôt pour évoquer le sujet."
Avez-vous entamé une réflexion pour les pilotes 2008 ?
H. de C. (amusé) : "J'ai reçu un nombre incroyables de mails de félicitations après Silverstone, peut-être histoire que je me rappelle des adresses. Il sera peut-être plus facile de se rappeler ceux qui ne l'ont pas fait !!!"
Qu'en est-il des relations avec Acura ?
Y.C. : "Elles sont très bonnes. D'ailleurs Acura a annoncé qu'ils repartaient en 2008 avec les châssis Courage. Il les ont amené à un remarquable niveau de compétivité et ce dès Sebring, ce qui prouve que la base du châssis est bonne. Nous allons très vite reprendre contact pour connaître leurs souhaits.
En Europe, nous allons assurer de manière plus efficace l'accompagnement des clients en déléguant auprès d'eux un ingénieur."
Engagerez-vous une LMP1 ou deux en Le Mans Series l'année prochaine ?
H. de C. : "Réponse début novembre."
Quelqu'un comme Alexander Frei aura-t-il toujours sa place dans la nouvelle structure ?
H.de.C. : "Alexander Frei est un gentleman driver, et les Courage ORECA seront pilotées par des pilotes professionnels, mais il pourra être un client."
Y.C. : "Alex a beaucoup apporté à Courage Compétition, et de toutes façons nous ne le laisserons pas sans solution."
Avez-vous beaucoup de contacts pour l'acquisition d'une LMP2?
H. de C. : "La LC75 a une excellente base et depuis Silvestone, nous avons de nombreux contacts. Des équipes qui avaient envisagé l'achat d'une autre LMP2 réfléchissent désormais."
Pour conclure ce point presse, Hugues de Chaunac déclare : "C'est un projet ambitieux, nous faisons confiance à l'ACO pour équilibrer le combat entre David et Goliath."
Claude Foubert