jeudi 02 septembre 2010 - 8 visiteur(s) et 0 membre(s) en ligne.  [Visiteur - Connexion] Inscriptions ici
Le Mans Series
Péripétie et avenir du Saulnier Racing avec Bruce Jouanny.
01 septembre 2007


Anthony Megevand

Saulnier Racing

A la fois team manager et pilote du Saulnier Racing, Bruce Jouanny revient sur les 1000km de Spa. La quatrième manche des Le Mans Series n’a pas été banale pour la Courage LC75 n°35…

« A Spa, le nombre de contacts a été hallucinant. Il m’est arrivé de me faire toucher par une Corvette dans la descente. Heureusement, c’était un contact plutôt léger. Au moment du restart, la Peugeot était suivie par l’Aston Martin du Team Modena et notre Courage. Après la source, nous étions côte à côte avec la DBR9. Le pilote ne m’a pas vu et est allé prendre sa trajectoire le long du mur. Mais j’étais là, avec le mur sur ma droite ! La touchette était inévitable entre les deux voitures. J’ai gardé le volant droit, les deux autos ont sautillé. Ça a du faire jante contre jante ».

La conséquence de ce contact est insoupçonné pour Bruce Jouanny. D’ailleurs, dans un premier temps, le pilote ne rentre pas au stand : « J’ai prévenu le team de la touchette avec l’Aston Martin. Le circuit de Spa est plutôt long, 7km, donc j’avais le temps de « checker » la voiture. J’ai eu une petite vibration avant le raidillon, mais après plus rien. Tout allait bien. Il n’y avait pas de défaut dans la tenue de route, et j’ai enchaîné les boucles pendant plus de quarante minutes. C’est d’ailleurs durant cette période que j’ai dû réaliser mon meilleur temps ».

La Courage du Saulnier empreinte la pitlane pour marquer son ravitaillement. Mais le chef mécanicien décide de stopper la LC75 n°35 plus longtemps que prévu : « En fait, je devais partir pour un double relais avec les mêmes pneus. Mais juste avant de repartir, il a fait signe de changer les roues. J’ai compris qu’il y avait un souci à l’avant gauche, probablement consécutif au contact. Je ne savais pas encore quoi exactement. Après avoir repris la piste, le team m’a dit qu’il y avait trois rayons de cassés ! Cela ne m’a pas perturbé outre mesure. Nous savons que le danger est présent, mais nous n’y pensons pas. Chacun réagit différemment, et c’est vrai que des membres de l’équipe ont eu peur à l’idée de se dire : « et si ça avait cassé ». Moi, je me suis plutôt dit : « c’est costaud une jante BBS ». C’était une péripétie de course ».

Malgré cette péripétie, le trio Bruce Jouanny/Jacques Nicolet/Alain Filhol termine les 1000km de Spa au pied du podium en LMP2. Une déception ? « Non, nous ne sommes pas déçus. A l’heure actuelle, en performance pure, nous nous situons à la 7ème place. Par contre, nous sommes fiables. Au Nürburgring, personne n’a abandonné et nous terminons 7ème ou 8ème. A Spa, notre fiabilité, aussi bien au niveau de la mécanique que des pilotes, nous a permis de finir 4ème. Il y a une hiérarchie établie en prototype, aussi bien en LMP1 qu’en LMP2. En LMP1, on voit que la Lola Charouz est régulièrement devant la Pescarolo ou les Courage sur un tour. La situation est identique en LMP2 : on voit plusieurs Lola compétitives, plus la Zytek qui a montré sa pointe de vitesse. Il y a aussi une Pescarolo dans notre catégorie, et on voit que ses perfo’ et les nôtres se valent. Par ailleurs, nous n’avons pas les dernières évolutions mécaniques (train roulant), ou aéro (prise d’air centrale). Par rapport à la Courage Del Bello, nous avons les ailes LMP1, et nous n’avons pas la nouvelle lame avant, ni la nouvelle crash box. En revanche, nous avons beaucoup travaillé sur la fiabilité. D’ailleurs, nous sommes la seule Courage à l’arrivée ».

Qu’est-elle devenue ?

L’hiver dernier, le Saulnier Racing avait acheté la Courage ex Barazi-Epsilon. A l’origine, la possibilité d’équiper cette voiture d’un kit Pescarolo avait été évoquée. Finalement, c‘est un autre destin qui a attendu la C65, championne Le Mans Series LMP2 2006.

« Dans un premier temps, elle a permis à Jacques Nicolet et l’ensemble de l’équipe de faire du roulage » explique Bruce Jouanny. « La partie arrière de la C65 est identique à celle de la LC75. Avec la C65, nous avions donc un train arrière complet de rechange, plus le moteur. Au cours de la saison, il nous est donc arrivé à plusieurs reprises d’utiliser des pièces de la C65 sur la LC75 ».

De plus, avec 831kg sur la balance, la LC75 du Saulnier Racing n’est pas la plus légère des LMP2. Cela n’empêche pas le team d’être toujours en course pour la 2ème place au Classement Equipes, place synonyme d’invitation pour les 24 Heures du Mans 2008. « Sur le papier, cette position peut être atteinte. Nous avons la fiabilité, et je pense que Silverstone peut nous convenir. Malheureusement, nous n’irons pas au Brésil pour les 1000 Milhas d’Interlagos. Donc, il y a des points que nous ne marquerons pas… »

Dans cette optique, l’écurie a déjà un coin de l’esprit tourné vers la saison 2008 : « Nous travaillons en amont du programme, pour faire les bons choix techniques. Jacques Nicolet est un homme qui aime développer. L’un de nos objectifs est donc le développement de la voiture actuelle. Nous réfléchissons à des améliorations à apporter, plus des évolutions de chez Courage ».

Le Saulnier Racing pourrait engager une deuxième voiture, même si rien n’est définitif : « Nous ne savons pas encore si il y aura une ou deux autos. Il est trop tôt pour le dire. Il faut d’abord trouver les partenaires pour développer la structure. La première voiture sera vraisemblablement la même. Disons que l’engagement d’un deuxième châssis est une possible-hypothèse (rire). Si tel est le cas, il est évident qu’avoir deux protos identiques faciliterait les choses. Mais, nous pensons d’abord à améliorer ce que nous avons ».

Anthony Megevand

 



Page Spéciale pour impression  Envoyer cet Article à un ami