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Le Mans
le Mans 2005 : Compte à rebours pour Bastien Brière...
05 octobre 2006


2005, un coup de fil de dernière minute confirme à Bastien qu'il va falloir mener de front révisions et chronos durant quelques jours...

Bastien participait aux 24 Heures 2004 sur WR.

Bastien en pleine concentration à la barre fixe. Il a alors 6 ans

Les pilotes jouissent généralement d’une faculté de concentration hors du commun et savent gérer leurs émotions. Pour preuve, une anecdote sur les circonstances dans lesquelles le jeune pilote manceau Bastien Brière a préparé sa participation aux 24 Heures du Mans 2005.

Mardi 14 juin 2005, 14 heures

Assis à son bureau dans l’appartement familial de la rue Victor Hugo au Mans, Bastien prépare ses examens. Pourtant, cette journée de révisions ne ressemble pas tout à fait aux autres. Car nous sommes dans la 24ème semaine de l’année, celle des 24 Heures du Mans.

Et Bastien n’est pas seulement étudiant au Collège Ostéopathique Sutherland à Nantes. Il est aussi pilote automobile et espère disputer pour la troisième fois les 24 Heures du Mans.

En 2003, il est devenu le plus jeune pilote européen engagé dans la plus belle course d’endurance du monde au sein du team de Gérard Welter. Il a ensuite retrouvé l’équipe aux 1000 kilomètres du Mans 2003 puis aux 24 Heures 2004. Bastien est un pilote rapide et sûr. Le monde de la course automobile en est convaincu. En outre, son caractère naturellement sociable favorise son intégration dans une équipe. Seul problème, il ne dispose pas d’un gros budget et les obligations liées à ses études ne lui ont pas permis de se livrer à la chasse aux sponsors.

Alors aujourd’hui, dernier jour du pesage, Bastien attend. Plutôt que de perdre son temps et se morfondre, il travaille ses cours. Le mental des pilotes est ainsi fait. Ils sont capables de se concentrer en toutes circonstances. L’émotivité ne les paralyse jamais. C’est pour cette raison que le commun des mortels les considère comme des extra-terrestres.

Au mur de la chambre de Bastien, une affiche évoque l’atmosphère de la course. Une formule de poids, « la légende s’écrit sous vos yeux », illustre le choc de la photo, une voiture vue d’arrière sur la piste. Des modèles réduits des WR pilotées en 2003 et 2004 rappellent au pilote ses premières participations.

Il est maintenant 15 heures. Dans 150 minutes, les vérifications seront terminées. La liste des pilotes participant aux 24 Heures du Mans sera close.

Soudain, le téléphone sonne. Bastien décroche le combiné.

« C’était Claude Surmont de chez Courage, se souvient-il. Il me demandait de venir aux vérifications administratives, place des Jacobins. J’y suis allé bien sûr. »

Bastien se voit offrir l’opportunité de disputer les 24 Heures du Mans au volant de la Courage Judd LMP2 engagée par Intersport et dont l’assistance sera assurée par Epsilon.

« J’ai rencontré le team-manager d’Intersport, satisfait aux obligations administratives, puis j’ai posé avec mes équipiers à côté de la voiture avant de répondre aux questions des journalistes. En fin d’après-midi, j’ai pris la route de Nantes. Le soir, j’ai révisé jusqu’à une heure avancée. »

Car le mercredi à 8 heures 30, Bastien passe une épreuve écrite d’anatomie qui dure 4 heures ! Après une courte nuit, il se présente parfaitement concentré dans la salle d’examen. Il en sort à 12 heures 30. Il s’accorde juste 3 minutes pour annoncer à ses amis qu’il participe aux 24 Heures avant de reprendre la route du Mans. Le pilote avale un repas équilibré afin d’emmagasiner de l’énergie et fonce au circuit.

« Le mercredi après-midi, l’équipe a moulé mon baquet », commente-t-il.

A 16 heures, il assiste au briefing des pilotes. Sébastien Loeb, Emmanuel Collard, Jean- Christophe Boullion, Franck Montagny ou JJ Lehto ne se doutent sûrement pas qu’un de leurs pairs a passé sa matinée dans une salle d’examen.

Bastien connaît déjà les châssis Courage puisqu’il en pilote un engagé par le Team Del Bello en LMS ; il ne tournera donc que le jeudi soir. Ses équipiers, qui amènent des budgets importants, se partagent la première séance.

Le jeudi, à 22 heures, Bastien est installé dans le baquet de la Courage N° 33. Concentré, il accélère dans l’allée des stands. A cet instant, il est redevenu un pilote qui ne pense qu’à sa responsabilité vis à vis de l’équipe qui lui fait confiance et à la course.

Et le résultat des examens vous interrogez-vous ? Bastien ne le connaîtra que début juillet. Il est très bon. Son année est validée. Il a réussi le pari de se concentrer à quelques heures d’intervalle sur ses épreuves et sur la course.

Comme Sébastien Loeb, Bastien Brière a découvert le sport de compétition par la gymnastique. Serait-ce la meilleure discipline pour préparer les jeunes pilotes ?

Thierry Le Bras



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